“Ne
répétez pas les mêmes tactiques victorieuses, mais adaptez-vous aux
circonstances chaque fois particulières”
L'art de la guerre - Sun Tzu
L'art de la guerre - Sun Tzu
L’année 2017 vient
de se boucler dans un flou politique total donnant le vertige malgré les enjeux
électoraux (présidentielle et municipale) qui se profilent à l'horizon. Chose
rarissime à quelques encablures d'un moment historique du genre présidentiel. Politiquement
correct, tout porte à croire que pouvoir comme opposition semblent être en
phase pour un supposé recours à un dialogue avant l'heure fatidique alors qu'à moins d'un an et deux mois d'une
élection présidentielle, sa logique voudrait que chapelles et cénacles se mettent en branlent pour la conquête du
graal.
Loin des calculs
politiciens et/ou des arrière - pensées dont les analyses reposent
habituellement sur la compassion ou l'empathie, selon la position de son
auteur, nous vous proposons plutôt une froide et lucide analyse politique de la
situation actuelle devant orienter celle de demain comme suit :
-
UN POUVOIR ÉPARPILLÉ DANS SES
FOYERS DE TENSION DE TROP ...
Cela va sans dire
que la coalition présidentielle aura bel et bien son pain bénit avec la
reconduction, sans contestation de son président en exercice à la tête de
l’État, mais risque néanmoins d'affronter non seulement l'ire d'une frange de
ses membres qui commence à se rendre compte que celle-ci ne donne véritablement
l'impression d'exister qu'à l'approche d'élections et/ou que lorsqu'il s'agit
de faire office de boucs émissaires ; mais aussi de certains membres du parti
présidentiel qui, depuis quelques temps
font montre d'en avoir assez de voir la transhumance l'emportait sur l'endurance.
Et cela au détriment des objectifs qu'elle se serait antérieurement fixés à
savoir accompagner sur le terrain le gouvernement sous toutes ses formes dans
une gestion sobre et vertueuse. Force est de contester que cette coalition dite
majoritaire, composée officiellement de plus de 300 organisations (politiques,
citoyennes et indépendantes) ne tourne qu'autour de 5 principaux partis
politiques que sont : l’APR, le PS, l’AFP, le PIT et la LD/MPT. Tout le reste
étant relégué au second plan le plus clair du temps. Ce qui fruste
naturellement en sourdine même si les prébendes et promesses d'y être mêlé
prennent souvent le dessus sur un plausible
manque de considération. Le déroulement des élections législatives passées
en est une parfaite illustration. Imaginant que la coalition allait être
appuyée financièrement par son Président, la majorité de ses membres, surtout
ceux qui en ont le plus besoin, s'est finalement contentée de quelques
tee-shirts, casquettes, flyers, posters et/ou tissus à l'effigie de sa tête de
liste nationale. Ainsi, laissés à eux mêmes, plusieurs n'ont pas, faute de
moyens supplémentaires, jugé nécessaire de battre campagne comme cela se doit.
Résultats des courses, les 49,47% soit 1 637 761 de voix sur 3 337 494 votants
sont loin d'être proportionnels au regard de ses composantes. Arrivent
maintenant, les dislocations internes notées par-ci par-là notamment au niveau
du groupe des 5 précités. Le parti socialiste vient de franchir le rubicon avec
son cadeau de fin d'année empoisonné par l'exclusion d'un bon nombre de ses
principaux acteurs et pas des moindres. La LD - MPT s'est depuis Août 2017
fissurée en deux entités : l'originel et celle dite Debout. Situation répandue
jusqu'au sommet. L’affaire des 4 Millions révélés en septembre 2017 par son
ancien Secrétaire général Mamadou NDOYE est toujours fraîche dans nos mémoires.
Au PIT, ça rumine toujours après les grincements de dents à la suite de la
nomination controversée de son Secrétaire général en l'occurrence M. Samba SY
comme ministre en remplacement sans concertations, selon les partisans de leur
ancien représentant au sein du gouvernement M. Mansour SY. L’AFP, quant à elle
a déjà payé une partie de sa part avec la création du Grand Parti sous son
oeil. Reste à voir, si à l'approche d'une rencontre aussi capitale leurs vieux
démons ne vont pas resurgir en saignements. D'autres foyers de tension sont
ouverts un peu partout sans aucune maîtrise de leur finalité deviennent de plus
en plus préoccupants. Le “K” du maire Khalifa Sall en demeure le principal. Une
vraie épine judiciaire au pied politique de l’État avec des conséquences
irréfutables. Compte non tenu du malheur qui a encore frappé ce week-end dans
le sud de la casamance aux alentours Bourafaye
Baïnouk avec “la mort de treize jeunes hommes, dont dix par balle, deux par
arme blanche et un brûlé. Sept autres ont été blessés par balles, dont un
grièvement” selon le gouvernement. Massacre mettant désormais à l'épreuve le
processus de la paix définitive en Casamance, cheval de bataille du régime dans
cette zone du pays et récemment relancé en octobre dernier lors d’une réunion à
Rome (en Italie) entre le gouvernement et une faction du Mouvement des forces
démocratiques de Casamance (MFDC) mandatée par l’un de ses chefs, Salif Sadio.
Au vu de ce qui
précède, nous pouvons dire sans risque de nous tromper que le pouvoir aura en
2018 du pain voire du béton sur la planche. Surtout lorsque l'opposition d'en
face est dans l'optique de s’organiser de manière beaucoup plus efficiente qu’auparavant.
-
UNE OPPOSITION FACE À SON
DESTIN DEVANT DES PSEUDOS PRIMAIRES DE TOUS LES DANGERS !
Mise devant le fait accompli, l'opposition sénégalaise
fait face à son propre destin. Libre à elle maintenant de le mener avec
responsabilité et humilité ou de le trahir en s’oscillant entre sentiment
d’impuissance et espérances fragiles. D’autant plus
qu’aucune excuse valable ne pourrait leur être accordée du fait que sur la
place publique, l’expertise d'un grand nombre d'entre ses composants n’est plus
à démontrer en matière électorale et surtout de désignation de candidat à
l’élection présidentielle. En outre, leurs déchirements d'avant élections
législatives de la fois dernière doivent nécessairement leur servir de leçons.
Par exemple, nul n'a besoin d'être un
expert pour savoir que, n'eut été cette division, l'opposition serait largement
majoritaire dans la capitale à Dakar constituant le référentiel de base. Pour
preuve, la coalition Benno Bokk Yakaar avait remporté ce département, objet de
toute les convoitises avec 114 603 des voix alors que la coalition Manko Taxawu
Senegaal et la coalition gagnante Wattu Senegaal réunies totalisent, à elles
seules 165 828 voix sur 340 089 votants. Sans compter le reste du peloton.
Lors même qu'il est
plus qu’évident que désigner un candidat unique autour de différents pôles et
postures avec sa probable Pléthore de candidats potentiels s'avère toujours
compliqué, son aboutissement change habituellement les donnes pour plusieurs raisons. Bien qu'il
y aura inévitablement guerre des chefs en raison d'une incertitude sur la ligne
politique à adopter, et particulièrement d'antécédents non encore élucidés (Ex.
M. Idrissa SECK et le PDS). Ainsi, le PDS et par ricochet sa Coalition Gagnante
Wattu Sénégal, lors de son Comité Directeur du 29 décembre dernier avait fait
mine de maintenir son “unique plan A” à savoir Karim WADE comme leur candidat à
l’élection présidentielle de février 2019. Excepté le fait que ce dernier est
juridiquement pris entre le marteau du jugement du 23 Mars 2015 de la CREI (Cour de Répression de
l’Enrichissement Illicite) qui a certes « écarté l'interdiction de l'exercice
des droits civiques, civils et de famille prévus par l'article 34 du Code pénal
», et l'enclume de la constitution dans son article 28 et du Code électoral
sénégalais dans les dispositions de ses articles LO.113, L.31 et L32. Un
imbroglio juridique sans précédent !
Sauf derniers
rebondissements, Khalifa Ababacar Sall, tête de liste nationale de la deuxième
force de l'opposition, coalition Manko Taxawou Sénégal, en passe de rejoindre
l’autre “K”, une fois exclu des pronostics n'aura d'autres choix que de se
rabattre sur un autre candidat aussi crédible et porteur d'espoir que lui.
L'ancien Premier ministre Idrissa SECK est pressenti pour faire le nécessaire
avec les membres de leur dite coalition pourvu qu'un des leurs en l'occurrence
Malick GAKOU ne fasse obstacle. En tout état de cause, tout dernièrement ses
partisans ont remis la pendule de l'un des précurseurs de cette idée à l'heure.
La question fondamentale est de savoir
si vraiment cette opposition saura
prendre un peu de hauteur et sortir de l'emballement médiatique ?
Toujours est-il que
pour avoir des chances sérieuses d’un rendez-vous assuré au second tour,
elle a intérêt à taire les querelles de positionnement en s'unissant autour
d'un idéal à intérêt général que de rester dans une spirale de complexe de
supériorité qui ne dit vraiment pas son nom. Sachant qu’en politique, tout est
une question d'opportunités et de circonstances, il leur est désormais permis
de les saisir.
À la lecture de
tous ces éléments, même si, l'issue d'une telle situation ne saurait être
profitable à un régime sortant, le pouvoir a, en plus des corrections requises
en son sein, son programme à finir
durant l'année pour conserver les acquis des précédentes élections et viser
plus.
Espérant que le peuple, arbitre de tout cela, résolument
tourné vers un avenir meilleur ne paie le prix de l'incertitude politique.
Qu'Allah SWT veille
sur NOTRE CHER Sénégal … Amen
Meilleurs voeux !
Par Elhadji Daniel SO,
Président d'En Mouvement ! Défar Sénégal Ensemble,
Construisons le Sénégal !
